Rapport d'activité 2020 ALMA Isère

 


Editorial

 

2020-2021 TRISTES ANNEES INEDITES ET DOULOUREUSES.

Alma Isère a été profondément affectée par la disparition de trois de ses fidèles bénévoles.

 

 Le 8 juin 2020, Catherine FABRE nous a quitté. Elle a fait bénéficier Alma Isère de ses compétences de formatrice dans le secteur médico-social. Elle laissera le souvenir de son grand dynamisme, de son immense expérience et de la chaleur de ses contacts. Elle partageait en toute circonstance les valeurs d'ALMA.



Le 9 octobre 2020, Françoise CHAZAL est partie brutalement. Bénévole engagée à Générations Mouvement, elle était secrétaire générale d'Alma Isère. Profondément attachée à notre association, nous n'oublierons pas son dévouement, sa disponibilité et ses qualités humaines au service des personnes vulnérables.

 

Le 24 février 2021, Alma Isère était de nouveau en deuil avec le décès de Jacqueline ROBERT. Magistrate honoraire, elle avait été secrétaire générale de notre association avant d'en prendre sa présidence de 2009 à 2011. Travailleuse infatigable, elle conjuguait la rigueur dans le suivi des situations et un sens de l'humour particulièrement apprécié de l'équipe.


La crise sanitaire dès le mois de mars a obligé Alma Isère a modifié ses modes de fonctionnement et son activité :

- suppression des permanences d'écoute lors des confinements du printemps et de l'automne avec un relais pris par la plateforme 3977; mais maintien des suivis par les bénévoles référents.

- report du colloque prévu le 15 juin 2021 à l'occasion de la journée internationale sur les maltraitances;

- réduction du nombre de sensibilisations.

En dépit de ce contexte, le nombre de dossiers ouverts est toujours en progression. Durant cette période nous avons constaté un nombre élevé d'appels pour des violences intra-familiales.    Les appels concernant les institutions (structures hébergement pour personnes âgées ou en situation de handicap) restent stables même si les familles n'avaient plus accès aux établissements et leur personnel moins disponible.

L'augmentation sensible des négligences passives ou actives recoupe le concept des maltraitances institutionnelles qui vient d'être reconnu par la Commission de la promotion de la bientraitance et de la lutte contre les maltraitances du Haut Conseil de l'Age de l'Enfance et de la Famille.

Nous avons maintenu notre communication externe en direction :

- des partenaires institutionnels ( ARS, CD38, Maisons des territoires, CDCA, institutions régaliennes, Conseil Départemental de l'Ordre des Médecins )

- du monde associatif, par des liens privilégiés ou par leur présence au sein de notre Conseil d'Administration, parfois avec des représentations croisées (Alertes 38, HandiRéseaux38, ADPA, ORGECO, Fédération Générations mouvement, Envol Autisme AFIPH, UNA , UNAFAM, France victimes 38, Association Sainte Agnès, Sésame Autisme)

Nous avons souhaité aussi développer au niveau local des partenariats avec des Associations à dimension nationale grâce à leur représentation dans le département de l'Isère qui se traduisent par des rencontres, des sensibilisations ou des échanges sur des situations suite aux écoutes :

- Petits Frères des Pauvres;

- Fédération Nationale Solidarité Femmes 3919 : Milena.

Je voudrais citer plus spécialement la préparation du colloque sur le Vieillissement et le Handicap. Même si ce colloque a été différé dans le temps, le Comité de Pilotage constitué pour sa préparation a permis des échanges riches et constructifs avec plusieurs associations et des directeurs d'établissement ainsi qu'avec l'association Le Fil Rouge qui réalise actuellement un documentaire sur la thématique retenue.

Pour terminer, je voudrais rendre hommage à l'équipe d'Alma Isère qui grâce à sa cohésion, ses liens d'amitié et son engagement auprès des personnes vulnérables a su surmonter la crise sanitaire et maintenir l'activité de l'association.

J'adresse aussi mes plus vifs remerciements à tous nos partenaires institutionnels et plus particulièrement  à la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, le Conseil Départemental, l' ARS et les communes participantes, pour leur soutien , leur confiance et l'aide qu'ils apportent à Alma Isère dans ses missions d'écoute, d'orientation et de recherche de solutions pour les situations qui lui sont soumises.

 

 L’activité d’ALMA Isère dans le détail

 

Comme chaque année, nous rappelons que les statistiques d’ALMA Isère tentent de traduire le contenu des appels que nous recevons. Ces appels manifestent la souffrance ressentie par une personne âgée et /ou handicapée et/ou par leur entourage.

 

Nous ne recevons pas d’appel malveillant ou affabulateur mais certains appels relèvent parfois de troubles psychiques.

 

Typologie des appels

 

La situation préoccupante : La majorité des appels relève de cas de maltraitance supposée et engendre la création de dossiers de Situation Préoccupante.

 

L’accompagnement de situation : Des situations qui ne relèvent pas du champ de la maltraitance, sont appelées Accompagnement de Situation. Elles concernent des demandes d’aide pour une personne en souffrance, démunie, et qui aurait besoin d’une prise en charge ou d’un soutien (Exemple : personne isolée vivant dans des conditions précaires).

 

Témoignages : Situations préoccupantes mais dont les informations fournies ne nous permettent pas de faire un suivi, les appelants, la ou les victime(s) restant anonyme.

 

Informations /orientations : demande de renseignements.

 



En 2020, 210 appels entrants ont été reçus (appels concernant de situations de 2020 et des années antérieures) par les bénévoles au centre ALMA Isère lors des permanences, soit 14 appels de moins que l’année précédente et ce malgré les mois de confinements durant lesquels les appels étaient transférés sur le 39 77.

 

- Soit 109 dossiers ouverts

- 99 situations préoccupantes dont 75 concernent des personnes âgées et 24 des personnes en situation de handicap

- 10 accompagnements de situations dont 9 concernent des personnes âgées et 1 personne en situation de handicap

 

-et 455 appels sortants donnés par les référents relatifs uniquement à des situations de l’année 2020.

 

Les chiffres suivants correspondent aux données après analyse des situations et non à la première écoute et uniquement les situations préoccupantes et accompagnements de situation, d’où la différence avec les données logiciel 39 77.

 (Légende : en vert l’ensemble des dossiers, en orange les établissements et en bleu le domicile).

 

Qui signale les maltraitances ?

 

Pour l'ensemble des dossiers personnes âgées et handicapées, 56 appels reçus proviennent des familles dont 25 appels émanant de filles, 30 appels des « victimes » elles-mêmes et 13 appels émanent des professionnels.

 Dans 17 situations,  la personne appelante est la personne âgée « victime » elle-même, soit 22% des situations.

Pour les personnes en situation de handicap, la proportion est de 54 % soit 13 situations sur 24.

  Lieu où s’exercent les maltraitances.

 Les maltraitances ont lieu le plus souvent au domicile des personnes quelles que soit la vulnérabilité.



Quel est le profil des « victimes »

 Comme chaque année, les femmes sont plus souvent victimes de maltraitances.



 L’avancée en âge reste un facteur de risque de maltraitance

 


Quelles sont les différentes catégories de maltraitances ?

 

Définition 2020 de la maltraitance par la Commission de lutte contre la maltraitance et de promotion de la bientraitance :

Il y a maltraitance d’une personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action, compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux, et/ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance de dépendance, de soin ou d’accompagnement.

Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non ; leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. Les violences et les négligences peuvent revêtir des formes multiples et associées au sein de ces situations.

 

- des maltraitances physiques : coups, abus sexuels, bousculades, contentions physiques abusives,…

- des maltraitances psychologiques : humiliations, infantilisation, injures, indifférences,

 - des maltraitances financières : extorsions de fonds, vols, économies abusives, …

 - des maltraitances liées aux soins : excès ou privations de médicaments, soins inadéquats,…

 - des privations citoyenneté : enfermements, interdictions de visite, placements sans consentement,…

 - des négligences par manque des aides indispensables à la vie quotidienne (aide au repas, à la toilette et alimentation inappropriée) qui risquent d’aggraver la dépendance ou des négligences qui blessent la dignité de la personne âgée et/ou handicapées : linge perdu, protections urinaires imposées,...

 

La « victime » peut subir plusieurs types de maltraitances à la fois. On appelle maltraitance principale, celle pour laquelle l'appelant nous a contactée ; mais il peut coexister d'autres types de maltraitances qui viennent s'ajouter à la première, nous les désignons alors sous le terme de maltraitances associées.

 

En établissement pour personnes âgées soit 17 situations dont 2 accompagnements de situation sans maltraitance.



  Les maltraitances principalement évoquées en établissements sont des privations de citoyenneté  et les soins inadaptés, ainsi que les négligences passives ou actives.

 Dans 2 situations la maltraitance n’a pu être évaluée faute de retour des appelants.

 En plus, de la maltraitance principale, on retrouve des maltraitances associées dans 5 situations, des maltraitances psychologiques, dans 4 situations des négligences, dans 2 situations des privations de citoyenneté.

 

Ces maltraitances sont liées dans la majeure partie des situations à un dysfonctionnement de l’établissement et donc à une maltraitance institutionnelle.


En établissements pour les personnes en situation de handicap soit 9 situations dont un accompagnement de situation.

 


 Dans 4 situations, l’évaluation par le référent a permis de mettre en avant qu’il n’y avait pas de maltraitance. De plus, les maltraitances associées  ne sont pas en nombre significatif pour faire sortir une tendance.

Mais comme dans les structures pour personnes âgées, le dysfonctionnement de l’établissement est mis en avant dans la majorité des situations

 

A domicile pour les personnes âgées soit 59 situations (dont 3 accompagnements de situations)

 

Les maltraitances psychologiques sont les plus souvent rencontrées à domicile, suivies par les maltraitances physiques, et les négligences.

 Dans 9 situations, l’analyse a permis de dire qu’il n’y avait pas de maltraitance, et dans 10 situations, la maltraitance n’a pas pu être évaluée malgré le suivi ou faute d’information.

 A ces maltraitances principales s’associent d’autres maltraitances, le souvent psychologiques dans 13 situations, dans 7 situations ce sont des privations de citoyenneté, et dans 5 situations des maltraitances financières.

Dans 31 situations, il y a cohabitation entre la « victime » et la personne mise en cause ce qui semble être un facteur de risque.

 

Les facteurs de risques sont principalement liés :

-à des troubles de comportement (13 situations), agressivité (14 situations), et addictions (4 situations) dans 31 situations.

- à des relations familiales difficiles, dans 9 situations

- à l’épuisement de l’aidant, dans 6 situations

- autres à des problèmes financiers dans 6 situations.

 

A domicile pour les personnes en situation de handicap soit 15 situations


Les maltraitances psychologiques sont les plus nombreuses soit 6 situation sur 15, suivies des négligences actives et des maltraitances financières.

Dans 3 situations, l’analyse a mis à jour qu’il n’y avait pas de maltraitance, et une situation n’a pu être évaluée faute d’éléments complémentaires.

 Dans 10 situations, il n’y a pas de cohabitation entre la « victime » et la personne  mise en cause.

 Les données concernant les facteurs de risque ne sont pas significatives.

 Qui sont les auteurs de maltraitances ?

 Pour l’ensemble des situations entendues et évaluées, les familles sont les auteurs présumés dans 56 situations, le profil de la courbe reste sensiblement le même d’une année sur l’autre.

 


Les auteurs présumés dans le détail

 En établissement pour personnes âgées

 


Comme ces dernières années, les professionnels soignants et de l’encadrement sont désignés comme auteurs présumés de maltraitances en établissement.

 

En établissement pour les personnes en situations de handicap

   


Comme pour les personnes âgées, en établissement se sont les professionnels qui sont le plus souvent cités comme auteurs  présumés des maltraitances.

  

A domicile pour les personnes âgées

 L’entourage familial est désigné comme auteur présumé dans 46 situations.

 


Pour aller dans le détail au niveau familial,  dans 16 situations se sont les conjoints (es) et dans 24 situations se sont les enfants, filles et fils qui sont les auteurs de maltraitances.

 


A domicile pour les personnes en situation de handicap



La famille comme les professionnels sont désignés comme maltraitants présumés.

 

Répartition géographique des situations pour 2020



Les situations émanent de la  quasi-totalité des territoires à l’exemption du Vercors, mais la communication engagée en 2019, a permis de faire connaître et de maintenir les liens avec les territoires.

 

Travail de suivi de situations par les référents

 


 

 


 

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